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Startseite Urgent Actions 2022 06 Repression of indigenous-led protests
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Répression du mouvement de protestation lancé par des organisations indigènes

AI-Index: AMR 28/5712/2022

Dans la nuit du 13 au 14 juin, à 0 h 29, les forces de sécurité ont arrêté Leónidas Iza, président de la Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (CONAIE), dans la province du Cotopaxi. Il a été détenu au secret et inculpé de «blocage des services publics», puis relâché le soir même. Sa détention pourrait avoir été arbitraire et les poursuites pénales à son encontre pourraient constituer une incrimination du fait de manifester. Des organisations de défense des droits humains ont fait état d’une augmentation des cas de détention arbitraire, de recours excessif à la force et de poursuites à l’égard de manifestant·e·s. Amnesty International appelle le président Guillermo Lasso à cesser de stigmatiser, de réprimer et d’incriminer les manifestations pacifiques, à divulguer le lieu de détention de toutes les personnes arrêtées et les charges retenues contre elles, et à libérer les personnes détenues arbitrairement.

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Le 20 mai 2022, la Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (CONAIE) et d’autres organisations ont fait part de leur intention d’organiser des manifestations de grande ampleur le 13 juin, pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement de Guillermo Lasso et dénoncer le fait qu’il ne garantissait pas, selon elles, les droits économiques, sociaux, culturels et environnementaux. Elles ont également publié une liste de leurs principales revendications.

Le 11 juin, le ministre de l’Intérieur, Patricio Carrillo, a stigmatisé les manifestant·e·s avant même le début des manifestations, déclarant : «la mobilisation ou manifestation annoncée, en pratique, consiste en une semaine de blocage des routes et des puits de pétrole, d’enlèvements de policiers et de militaires, de pillages, etc. Ils feront comme si tout cela relevait de la lutte sociale, pour se poser en victimes. À qui profitera une nouvelle manifestation illimitée ?»

Le 13 juin, la CONAIE et d’autres organisations indigènes, paysannes, syndicales, éducatives, étudiantes, féministes, LGBTI et écologistes ont commencé à mener des actions de protestation. Lors de nombreuses manifestations, des routes ont été bloquées dans diverses provinces. Depuis le 13 juin, des organisations équatoriennes de défense des droits humains signalent des cas d’arrestations arbitraires, de poursuites judiciaires et d’usage excessif de la force, notamment d’emploi de gaz lacrymogène sans discrimination, à l’encontre de manifestant·e·s, de défenseur·e·s des droits humains et de journalistes dans tout le pays - un étudiant aurait notamment été blessé par balle à la jambe à Quito.

Le 14 juin, à 0 h 29, comme le montre une vidéo de la scène diffusée en direct, des policiers et militaires en uniforme ont arrêté Leónidas Iza, président de la CONAIE, près de Pastocalle (province du Cotopaxi), le poussant à l’intérieur d’un véhicule blanc banalisé qui a ensuite quitté les lieux. Dans la matinée, l’Alliance équatorienne des droits humains a souligné que les agents qui avaient appréhendé Leónidas Iza n’avaient pas présenté de mandat d’arrêt et ne l’avaient pas informé des motifs de son arrestation, que les autorités dissimulaient le lieu où il se trouvait et le détenaient au secret, l'empêchant de communiquer avec sa famille et ses avocats, et que les plaques d’immatriculation du véhicule (PTR-3246) à bord duquel il avait été emmené ne figuraient pas dans les bases de données accessibles au public, autant d’éléments tendant à indiquer que sa détention était arbitraire.

À 01 h 18, le président Guillermo Lasso a publié une vidéo, accusant les manifestant·e·s d’avoir commis des infractions et les menaçant de poursuites : «L’arrestation des auteurs intellectuels et matériels de ces actes de violence a commencé [...] Nous ne pouvons accepter d’être les victimes de vandales dont le seul but est de semer le chaos [...] Maintenant que nous avons commencé à relancer l’activité, nous ne pouvons pas nous arrêter en route. Les auteurs d’actes de vandalisme devront rendre des comptes à la justice et au peuple équatorien».

À 03 h 20 du matin, la police nationale a annoncé qu’elle avait arrêté Leónidas Iza dans la paroisse de Pastocalle, dans la province du Cotopaxi, pour des « infractions présumées », sans préciser les faits qui lui étaient reprochés ni les charges retenues contre lui. Elle a également indiqué qu’il était détenu dans une «salle de garde à vue, pour une audience de flagrant délit».

À 9 h 22, le Bureau du procureur général a indiqué qu’il avait appris l’arrestation de Leónidas Iza par les réseaux sociaux, que la police nationale ne l’avait pas présenté à ses services, et qu’elle n’avait pas fourni de rapport contenant les motifs de son arrestation. Il a ajouté que la procureure générale avait donné des instructions aux procureurs provinciaux afin qu’ils coordonnent les actions et les procédures avec les «autorités compétentes» pour prévenir les arrestations illégales ou arbitraires.

À 10 h 47, le Bureau du procureur général a fait savoir qu’il avait reçu le rapport de police sur l’arrestation en flagrant délit de Leónidas Iza tôt dans la matinée dans la province du Cotopaxi, et a déclaré que l’institution suivrait les procédures appropriées.

À 11 h 37, la police nationale a affirmé que Leónidas Iza avait été arrêté alors qu’il «dirigeait et encourageait des actions visant à l’escalade et à la radicalisation de la violence», et qu’elle avait remis le rapport de police sur son arrestation au Bureau du procureur «le matin à la première heure».

Dans le courant de la journée, les avocats de Leónidas Iza ont indiqué que ni eux, ni ses proches ne savaient où il se trouvait, mais que selon des informations disponibles sur les réseaux sociaux, il aurait été transféré de la province du Cotopaxi vers Quito à bord du même véhicule banalisé, puis vers un site militaire situé à Latacunga, dans la province du Cotopaxi, à bord d’un véhicule de l’armée.

L’audience de flagrant délit de Leónidas Iza a eu lieu au sein du Service judiciaire spécialisé dans les violences à l’égard des femmes ou des membres de la famille et les atteintes à l’intégrité sexuelle et reproductive, dans la ville de Latacunga. Le juge a estimé que son arrestation était légale et a engagé des poursuites pénales à son encontre pour «blocage des services publics», en raison de sa participation présumée au blocage des routes lors des manifestations. Cette décision pourrait constituer une incrimination du droit de manifester.

Selon l’Alliance équatorienne des droits humains, au moins 36 personnes ont été arrêtées les 14 et 15 juin à Quito et au Cotopaxi dans le contexte des manifestations.

 

Passez à l'action

  • Envoyez un appel en utilisant vos propres mots ou en vous inspirant du modèle de lettre ci-dessous.

  • Passez à l'action dans les réseaux sociaux: voir les infos (en anglais) dans le champ jaune à droite.

  • Merci d'agir dans les plus brefs délais, avant le 10 août 2022.

  • Veuillez écrire des lettres/messages courtois, de préférence en espagnol ou dans votre propre langue.

Modèle de lettre

→ Modèle de lettre en espagnol voir ci-bas / Modelo de carta en español ver abajo


Monsieur le Président de la République,

Je vous écris pour vous faire part de mon inquiétude face à la répression actuelle des manifestations organisées par des organisations indigènes en Équateur. Depuis le 13 juin, Amnesty International reçoit des informations alarmantes faisant état d’arrestations arbitraires, de poursuites et de recours excessif à la force à l’encontre de manifestant·e·s, de défenseur·e·s des droits humains et de journalistes dans différentes provinces. Selon l’Alliance équatorienne des droits humains, au moins 36 personnes ont été arrêtées les 14 et 15 juin à Quito et au Cotopaxi dans le contexte des manifestations. Votre gouvernement a également fait des déclarations stigmatisant les manifestant·e·s et les a menacés de poursuites.

Aux premières heures du 14 juin, les forces de sécurité ont arrêté Leónidas Iza, président de la Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (CONAIE), à proximité de Pastocalle, dans la province du Cotopaxi. Il a été détenu au secret pendant plusieurs heures, sans pouvoir consulter ses avocats, et inculpé de «blocage des services publics». Il a été relâché le soir même. Sa détention pourrait avoir un caractère arbitraire et les poursuites pénales à son encontre pourraient constituer une incrimination du droit de manifester.

Je vous appelle à cesser immédiatement de stigmatiser, de réprimer et d’incriminer les manifestations pacifiques, à révéler le lieu de détention de toutes les personnes arrêtées et les charges retenues contre elles, et à libérer celles qui sont détenues arbitrairement.

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de ma haute considération.

 

Modèle de lettre en espagnol ouvrir ci-bas / Aqui modelo de carta en español

Señor Presidente Lasso,
Le escribo para expresar mi preocupación por la represión en curso de manifestaciones encabezadas por organizaciones indígenas en Ecuador. Desde el 13 de junio, hemos recibido denuncias alarmantes de detenciones arbitrarias, criminalización y uso excesivo de la fuerza contra manifestantes, defensores y defensoras de los derechos y periodistas en diferentes provincias. La Alianza por los Derechos Humanos de Ecuador ha identificado la detención de al menos 36 personas entre el 14 y el 15 de junio en Quito y Cotopaxi en el contexto de las protestas. El gobierno que usted preside también ha emitido declaraciones que estigmatizan a quienes se manifiestan y los amenaza con el enjuiciamiento.
En la madrugada del 14 de junio, fuerzas de seguridad detuvieron a Leónidas Iza, presidente de la Confederación de Nacionalidades Indígenas del Ecuador (CONAIE), cerca de Pastocalle, en la provincia de Cotopaxi. Leónidas Iza estuvo recluido en régimen de incomunicación durante varias horas, sin acceso a sus abogados, y fue acusado del delito de “paralización de un servicio público”. Fue puesto en libertad esa noche. Su detención podría haber sido arbitraria, y los procedimientos penales que se siguen contra él podrían constituir criminalización del derecho a protestar.
Lo instamos a poner fin con carácter inmediato a la estigmatización, represión y criminalización de protestas pacíficas, a revelar el paradero de todas las personas detenidas y los cargos formulados en su contra, y a poner en libertad a quienes hayan sido detenidos arbitrariamente.
Atentamente,

 

Appels à

Président de la République de l’Équateur
Guillermo Lasso
(Palacio de Gobierno, García Moreno N10-43 entre Chile y Espejo
170401, Quito, Équateur)

E-mail: atencionciudadana@presidencia.gob.ec ;pozof@presidencia.gob.ec

 

Cible supplémentaire

Diana Salazar, General Prosecutor
Twitter: @DianaSalazarM2
Email: salazarmd@fiscalia.gob.ec

 

Copies à

Ambassade de la République de l'Equateur
Kramgasse 54
3011 Berne

E-mail: secretaria@embajadaecuador.ch

 

 

Envoi de courier par poste dans le monde - info générale: L'envoi de lettres PRIORITY est possible dans presque tous les pays.
Veuillez vérifier
sur le site Internet de la Poste Suisse si des lettres sont actuellement envoyées au pays de destination.
Faute de quoi nous vous demandons d'envoyer votre lettre par e-mail, fax ou les médias sociaux (si disponibles) et/ou de l'envoyez via l'ambassade avec la demande de transmission à la personne désignée.

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Handles of target:

Twitter: @LassoGuillermo

Suggested message:

Ecuador: @LassoGuillermo stop stigmatizing, repressing and criminalizing peaceful protests, disclose the whereabouts of and the charges against all detainees and release those arbitrarily detained. #RepressionIsNotProtection

Follow:

Ecuador’s Human Rights Alliance
Twitter: @DDHH_Alianza
Confederation of Indigenous Nationalities of Ecuador
Twitter: @CONAIE_Ecuador

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