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Honduras
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Des militants indigènes sont toujours portés disparus

AI-Index: AMR37/4222/2021

Le 18 juillet 2020, un groupe d'individus portant un gilet de police est venu chercher à leur domicile plusieurs militants de la communauté garifuna : Alberth Centeno Tomas, Suami Mejía García, Gerardo Rochez Cálix et Milton Martínez Álvarez. Ces militants font partie de l'Organisation fraternelle noire du Honduras (OFRANEH) et sont toujours portés disparus. Amnesty International demande aux autorités d’établir le lieu où ils se trouvent, de veiller à ce qu’une enquête indépendante, impartiale et efficace soit menée sur leur disparition, et de déférer à la justice les responsables présumés de leur disparition.

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Les communautés garifunas de Triunfo de la Cruz font partie de l’Organisation fraternelle noire du Honduras (OFRANEH), une organisation qui œuvre pour la protection des droits économiques, sociaux et culturels des communautés garifunas.Le 8 octobre 2015, la Cour interaméricaine des droits de l'homme a rendu une décision en faveur de la communauté garifuna de Triunfo de la Cruz, déclarant l’État hondurien coupable de violation du droit de la communauté à la propriété collective. Des années plus tôt, le 28 avril 2006, la Commission interaméricaine des droits de l’homme avait déjà accordé à la communauté de Triunfo de la Cruz des mesures conservatoires, demandant au gouvernement du Honduras de faire le nécessaire pour protéger le droit de la communauté à la propriété de ses terres ancestrales.

Depuis le début du couvre-feu total décrété au Honduras en mars 2020 en raison de la pandémie de COVID-19, Amnesty International a reçu des informations faisant état de plusieurs attaques graves contre des défenseur·e·s des droits humains, notamment contre des membres de l’OFRANEH. Selon cette organisation, le 20 avril, des policiers ont réprimé une manifestation organisée à Oak Ridge, sur l’île de Roatán, pour empêcher un bateau d’accoster dans le port pour des raisons de santé publique, et le 6 mai, des policiers s’en sont pris à un groupe de jeunes gens de la communauté garifuna qui protégeaient la communauté de Travesía, dans le département de Cortés, menaçant de tirer des grenades de gaz lacrymogènes. L’OFRANEH a également dénoncé l’assassinat d’Edwin Fernández, membre de cette organisation, le 20 mai dans la communauté de Río Tinto (département d’Atlántida).

Le Conseil civique d'organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH) a également dénoncé de récentes attaques contre ses membres. Le 12 mai, José Trochez a été arrêté par l’armée hondurienne alors qu’il effectuait un travail humanitaire. Le 15 juin, des membres du COPINH ont reçu des informations les prévenant d’une attaque imminente contre les membres et les locaux de l’organisation. Le COPINH a également signalé que le 21 juin, un groupe d’une soixantaine de personnes a fait irruption dans son local d’Utopia, à La Esperanza (département d’Intibucá), menaçant de s’en emparer. Le lendemain, des membres de l’organisation ont reçu un tract numérique dans lequel un groupe inconnu menaçait l’organisation d’incendier ce local. Ces attaques se sont produites après que l’organisation a mis à disposition ses locaux pour en faire un centre d’isolement pour les personnes emprisonnées infectées par le COVID-19.

Ces quatre dernières années, Amnesty International a attiré l’attention sur les menaces, les manœuvres d’intimidation, les actes de harcèlement et les homicides visant des militant·e·s au Honduras, notamment sur le cas de la célèbre défenseure Berta Cáceres, tuée en 2016.La situation n’a pas changé. En juin et juillet 2020, Scarleth Cáceres, militante et défenseure des droits des personnes LGBTI au sein de l’Association Arcoíris, Marvin Damián Castro, défenseur du territoire de la municipalité de Pespire (département de Choluteca) et membre du comité de coordination du Movimiento Ambientalista Social del Sur por la Vida (MASSVIDA), et Yonis David Castillo Lázaro, de la communauté de Guapinol, ont été assassinés. Et le 2 avril 2020, lris Argentina Álvarez, défenseure des droits humains liés au territoire de l’organisation paysanne Cerro Escondido, dans le sud du Honduras, a été tuée lors d’une violente opération d’expulsion.

Le Honduras est l’un des pays les plus dangereux au monde pour les personnes qui défendent les droits liés au territoire et à l’environnement. Selon le dernier rapport de Global Witness, c’est au Honduras que le taux de meurtres de ces défenseur·e·s par habitant est le plus élevé au monde. Pourtant, l'État hondurien n'a pas encore signé l’Accord régional sur l’accès à l’information, la participation publique et l’accès à la justice à propos des questions environnementales en Amérique latine et dans les Caraïbes (Accord d’Escazú), premier instrument international contraignant incluant la protection des défenseur·e·s de l'environnement.

La Convention interaméricaine sur la disparition forcée des personnes définit la disparition forcée en ces termes : «Aux effets de la présente Convention, on entend par disparition forcée des personnes la privation de liberté d'une ou de plusieurs personnes sous quelque forme que ce soit, causée par des agents de l'État ou par des personnes ou des groupes de personnes qui agissent avec l'autorisation, l'appui ou l'acquiescement de l'État, suivie du déni de la reconnaissance de cette privation de liberté ou d'information sur le lieu où se trouve cette personne, ce qui, en conséquence, entrave l'exercice des recours juridiques et des garanties pertinentes d'une procédure régulière.» Le Honduras a ratifié cette convention en 2005. Il a également ratifié, en 2008, la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, qui donne de la disparition forcée une définition similaire.

Passez à l'action

  • Envoyez un appel en utilisant vos propres mots ou en vous inspirant du modèle de lettre ci-dessous.

  • Merci d'agir dans les plus brefs délais, avant le 2 août 2021.
  • Veuillez écrire des lettres/messages courtois, de préférence en espagnol ou dans votre propre langue.

Modèle de lettre

Monsieur le Procureur général,

Je vous écris pour vous faire part de ma profonde inquiétude au sujet de la disparition de quatre militants de la communauté garifuna et membres de l’Organisation fraternelle noire du Honduras (OFRANEH) : Alberth Snider Centeno Tomas, Suami Aparicio Mejía García, Gerardo Mizael Rochez Cálix et Milton Joel Martínez Álvarez. Des individus portant un gilet semblable à celui de la Direction des enquêtes de la police (DPI) sont venus chercher ces hommes le 18 juillet 2020 à leur domicile, dans la communauté garífuna de Triunfo de la Cruz.

Une opération de recherche a été menée par la police nationale et une enquête a été ouverte par le parquet, mais presque un an après, on ignore toujours où ils se trouvent.

Sept mois après leur disparition, l'OFRANEH a mis sur pied le Comité d'enquête et de recherche des disparus de Triunfo de la Cruz (SUNLA), un groupe indépendant composé d'organisations de défense des droits humains, auquel participent des experts et des proches des disparus, afin de suivre l'enquête des autorités honduriennes. Ce comité a demandé à être associé aux investigations officielles, mais selon lui, cette requête été rejetée par les autorités honduriennes.

Je vous prie instamment de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour retrouver Alberth Snider Centeno Tomas, Suami Aparicio Mejía García, Gerardo Mizael Rochez Cálix et Milton Joel Martínez Álvarez, et de veiller à ce qu’une enquête indépendante, efficace et impartiale soit menée sur leur disparition forcée et à ce que les responsables présumés soient déférés à la justice. Je vous appelle également à permettre à leurs proches de participer à l’enquête en cours, à leur communiquer des informations à jour et précises sur son déroulement et à veiller à ce qu'ils puissent contribuer aux investigations en apportant des informations, en suggérant des pistes d'enquête et en demandant des preuves.

Veuillez agréer, Monsieur le Procureur général, l’expression de ma haute considération.

Appels à

Procureur général
Óscar Fernando Chinchilla
Public Prosecutor's Office Honduras
Edificio Lomas Plaza II, Col. Lomas del Guijarro
Ave. República Dominicana
Tegucigalpa, M.D.C.
Honduras

Courriel: mprelacionespublicas@gmail.com
Twitter: @ofchb / @MP_Honduras

Formule d’appel: Monsieur le Procureur général,

 

→ Envoi de courier dans le monde - info générale:
L’envoi de lettres PRIORITY est possible dans presque tous les pays.
Veuillez vérifier sur le site Internet de la Poste Suisse si des lettres sont actuellement envoyées au pays de destination.
Faute de quoi nous vous demandons d'envoyer votre lettre par e-mail, fax ou les médias sociaux (si disponibles) et/ou de l'envoyez via l'ambassade avec la demande de transmission à la personne désignée.

 

Copies à

Ambassade de la République du Honduras
Avenue de France 23
1202 Genève

Fax: 022 / 710 07 66
E-mail: mission@hondurasginebra.ch

 

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