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Amnesty Urgent Actions
Startseite Urgent Actions 2020 06 Activists risk jail for poster campaign
UA 097/20
Pologne
Abgeschlossen am 24. Juli 2020
Mitteilung schliessen

15.06.2020: Social media

Twitter accounts:

@MSWiA_GOV_PL – this belongs to the Ministry of Interior

@Policja_KSP – this belongs to the Warsaw Police. They actually tweeted about the arrests, so you can either tweet with a mention or reply to these tweets:

Tweet by police after the first arrest: https://twitter.com/Policja_KSP/status/1270252561547833344

Tweet by police about the second arrest - https://twitter.com/Policja_KSP/status/1270395283260821514

Sample Tweet:

Two activists in #Poland risk up to 10 years in prison for poster campaign accusing government of manipulating #COVID19 stats. Authorities @MSWiA_GOV_PL @Policja_KSP must close the investigation and drop the baseless charges. #FreedomOfExpression #harassment #HRDs https://bit.ly/2UKH0ce

 

12.06.2020: Further information


Public Statement and newsflash

Des militant·e·s risquent la prison pour une campagne d’affichage

AI-Index: EUR 37/2513/2020

Le 10 juin, une militante et un militant polonais ont été inculpés de «vol avec et sans effraction» en raison d’une campagne d’affichage accusant le gouvernement de manipuler les chiffres du COVID-19. S’ils sont déclarés coupables, ils risquent jusqu’à 10 ans d’emprisonnement. Ces charges sont sans fondement et visent apparemment à punir les personnes qui expriment librement des opinions critiques à l’égard des autorités. Les autorités polonaises doivent abandonner les poursuites pénales engagées contre ces deux personnes et clore l’enquête.

COMPLEMENT D’INFORMATION

Le 8 juin aux alentours de 20 h 30, le domicile d’une militante bien connue à Varsovie, nommée Anna, a été perquisitionné par des policiers. Sa fille et ses parents étaient sur place durant la perquisition. Son ordinateur portable, ses téléphones et une tablette ont été saisis. Vers minuit, elle a été emmenée menottée au poste de police, où elle est restée pendant 41 heures. Les policiers ne l’ont interrogée que le 10 juin et l’ont empêchée de contacter son avocat, qui considère le traitement qu’elle a subi comme une forme de harcèlement. Une déclaration publique a été publiée à la suite de son arrestation : https://www.amnesty.org/en/documents/eur37/2498/2020/en/.

Amnesty International connaît Anna en tant que défenseure active des droits humains qui a participé à des manifestations en Pologne depuis 2016. Elle s’est mobilisée en faveur des droits des femmes et a contribué à développer un réseau d’aide juridique aux manifestant·e·s en Pologne.

La police a justifié son action en affirmant que cette militante avait été détenue pour éviter qu’elle ne détruise des éléments de preuve liés à une enquête ouverte sur le remplacement de publicités par des affiches sur des Abribus. Ces affiches accusaient le gouvernement de manipuler les statistiques sur la pandémie de COVID-19. Elles représentaient notamment le ministre de la Santé, Łukasz Szumowski, habillé en chevalier de l’ordre de Malte tenant une pancarte indiquant «l’Évangile selon Łukasz Sz.» et portaient plusieurs allégations contre lui. Cependant, les publicités ont été remplacées les 29 et 30 mai, si bien que l’action de la police 10 jours après rend l’argument de protection des preuves moins convaincant.

Le 9 juin, un second militant a été arrêté en lien avec la même campagne d’affichage et placé en détention. Il a été relâché au bout de 20 heures. Des accusations de «vol avec et sans effraction» ont été retenues contre ces deux personnes au titre de l’article 279.1 du Code pénal. Si elles sont reconnues coupables, elles risquent jusqu’à 10 ans d’emprisonnement (voir le communiqué disponible à l’adresse suivante : https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2020/06/poland-activists-at-risk-of-10-year-jail-term-for-covid-19-poster-campaign-challenging-government-statistics/).

Le droit à la liberté d’expression protège le droit de chercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toutes sortes, y compris des commentaires sur les affaires publiques, des discussions sur les droits humains et des critiques des autorités.

Les autorités affirment que des biens d’une valeur de 100 euros ont été dégradés, mais ces dommages ne sont pas constitutifs de «vol avec et sans effraction», chef d’accusation pour lequel les deux militant·e·s sont poursuivis. Amnesty International est préoccupée car ces poursuites vraisemblablement sans fondement sont utilisées d’une manière qui rappelle de nombreux cas de harcèlement visant des manifestants et des militants relevés par l’organisation depuis 2017 en Pologne.

Les actions des autorités polonaises risquent d’avoir un effet paralysant sur l’exercice du droit à la liberté d’expression et d’entraver davantage encore le travail indispensable des défenseur·e·s des droits humains dans le pays. Les deux militant·e·s envisagent désormais de déposer une plainte pour détention illégale.

Le contenu de cette Action urgente correspond à leurs souhaits concernant la divulgation de leur identité et leur droit au respect de la vie privée.

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