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Startseite Urgent Actions 2020 02 Uyghur academic jailed for «inciting extremism»
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Chine
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Un universitaire ouïghour incarcéré pour «incitation à l'extrémisme»

AI-Index: ASA 17/1792/2020

L'éminent historien et éditeur ouïghour Iminjan Seydin a été reconnu coupable d'«incitation à l'extrémisme» à l'issue d'un procès secret et manifestement inique en février 2019. Sa fille n'a été informée de sa condamnation ces derniers mois que grâce au bouche-à-oreille. Disparu depuis mai 2017, il a été condamné à une peine de 15 ans d'emprisonnement. Aucune preuve retenue à son encontre n'a été rendue publique.

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Iminjan Seydin était professeur d'histoire à l'Institut islamique du Xinjiang et a fondé la maison d'édition Xinjiang Imin Book Publishing Company. Depuis 2012, il a publié plus de 350 ouvrages traitant de sujets comme la science, la psychologie, l'éducation linguistique et l'éducation des enfants. Il consacre son énergie à renforcer les échanges culturels. En raison de son incarcération, l'Institut islamique du Xinjiang a mis fin à son contrat. Sa fille, Samira Imin, travaille actuellement à la Faculté de médecine de Harvard.

Les Ouïghours sont une minorité ethnique principalement de confession musulmane. Ils vivent surtout dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, en Chine. Depuis les années 1980, ils sont la cible de violations graves et systématiques des droits humains : arrestations et incarcérations arbitraires, détention au secret, restrictions de la liberté de religion et de l’exercice des droits sociaux et culturels, notamment. Les autorités locales continuent de contrôler étroitement la pratique religieuse, y compris en interdisant à tous les fonctionnaires et aux mineurs de moins de 18 ans de fréquenter les mosquées. Les politiques gouvernementales chinoises limitent l’usage de la langue ouïghoure, imposent des restrictions sévères à la liberté religieuse et soutiennent l’arrivée en masse de migrants hans dans la région.

Les médias ont fait état de l'ampleur et de la sévérité des nouvelles mesures en matière de sécurité qui ont été appliquées depuis l'arrivée au pouvoir, en 2016, de Chen Quanguo, le nouveau secrétaire du parti dans la région du Xinjiang. En octobre 2016, ils ont relayé de nombreuses informations faisant état de la confiscation de passeports ouïghours par les autorités de la région dans le but de limiter davantage encore le droit de circuler librement. En mars 2017, les autorités du Xinjiang ont adopté le «Règlement de lutte contre l’extrémisme», qui définit et interdit un large éventail de comportements qualifiés d’«extrémistes», tels que la «diffusion de pensées extrémistes», le fait de critiquer ou de refuser d’écouter ou de regarder des émissions de la radio et de la télévision publiques, le port de la burqa, le port d’une barbe «anormale», le fait de s’opposer aux politiques nationales, et la publication, le téléchargement, le stockage et la lecture d’articles, de publications ou de matériel audiovisuel présentant un «contenu extrémiste». Cette réglementation a en outre instauré un «système de responsabilisation» destiné aux cadres du gouvernement pour les activités de «lutte contre l’extrémisme», et mis en place une évaluation annuelle de leurs performances.

On estime que jusqu'à un million de Ouïghours, de Kazakhs et d'autres membres d’ethnies à majorité musulmane sont détenus dans des centres de «transformation par l'éducation». Les autorités chinoises ont nié l’existence de ces lieux jusqu’en octobre 2018, et ont ensuite affirmé qu’il s’agissait de centres de «formation professionnelle» gratuite et volontaire. Selon elles, l’objectif de cette formation est de fournir des enseignements techniques et professionnels pour permettre à ces personnes de trouver un emploi et de devenir des citoyens «utiles». Les explications de la Chine, cependant, contredisent les informations recueillies auprès d’anciens détenus faisant état de coups, de privation de nourriture et de détention à l’isolement. La Chine a refusé les demandes de la communauté internationale, y compris d'Amnesty, concernant la possibilité pour des experts indépendants de se rendre librement dans la région du Xinjiang. En revanche, elle a multiplié les efforts pour faire taire les critiques en invitant des délégations de divers pays à se rendre au Xinjiang pour des visites soigneusement orchestrées et surveillées de près.

Passez à l'action

  • Envoyez un appel en utilisant vos propres mots ou en vous inspirant du modèle de lettre ci-dessous.
  • Merci d'agir dans les plus brefs délais, avant le 26 mars 2020.
  • Veuillez écrire des lettres/messages courtois en chinois, anglais ou dans votre propre langue.

Modèle de lettre

Monsieur le Président,

Je vous écris afin de vous faire part de mes préoccupations concernant l'éminent historien et éditeur ouïghour Iminjan Seydin, condamné pour «incitation à l'extrémisme» à l'issue d'un procès secret et manifestement inique, en février 2019, et condamné à 15 ans de prison, à la privation de ses droits politiques pendant cinq ans et à une amende de 500 000 RMB (environ 66 000 euros).

Sa fille n'a entendu parler de son procès qu'en novembre 2019 grâce à un ami à Pékin et à des conversations téléphoniques avec le tribunal populaire du district de Tianshan, à Ürümqi. Aucun élément de preuve contre Iminjan Seydin n'a été rendu public, mais l’on pense que sa condamnation est liée à un ouvrage de rhétorique arabe qu'il a publié en 2014.

Il faisait partie d'un groupe de travail sur la réduction de la pauvreté en collaboration avec le Bureau des affaires religieuses du Xinjiang, à Hotan, lorsqu'il a «disparu» en mai 2017.

Je vous demande de libérer immédiatement et sans condition Iminjan Seydin, à moins qu'il n'existe des éléments crédibles, suffisants et recevables indiquant qu'il pourrait avoir commis une infraction reconnue par le droit international et qu'il ne soit jugé dans le cadre d'un procès respectant les normes internationales d’équité.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma haute considération,

Appels à

Président de la République populaire de Chine
Xi Jinping
Zhongnanhai
Xichangan’jie
Xichengqu, Beijing Shi 100017
Chine

Fax : +86 10 6238 1025
Courriel : english@mail.gov.cn

Formule d’appel: Monsieur le Président,

 

 

Copies à

Ambassade de la République Populaire de Chine
Kalcheggweg 10
3006 Berne

Fax: 031 351 45 73
E-mail: dashmishu@hotmail.com

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