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Startseite Urgent Actions 2015 02 Eyewitnesses to killing of defenders harassed
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Mexique
Abgeschlossen am 24. März 2015

Harcèlement visant des témoins d'un homicide

AI-Index: AMR 41/005/2015

Des témoins clés ayant assisté à l'homicide de deux défenseurs des droits humains ont été harcelés dans l'État d'Oaxaca, au Mexique. Ces actes visaient, semble-t-il, à les empêcher de témoigner au tribunal. Leurs vies pourraient être en danger.

Le 22 janvier, des proches d'un homme ayant été arrêté pour l'homicide des défenseurs des droits humains Bety Cariño et Jyri Jaakkola ont tenté d'intimider deux femmes indigènes qui avaient assisté aux faits. Ces dernières doivent témoigner bientôt au tribunal. Les proches de l'homme mis en cause s'en sont pris à ces deux femmes (dont les noms ne sont pas divulgués pour des raisons de sécurité) à El Carrizal, ville de l'État d'Oaxaca où elles résident, dans le sud du Mexique, et leur ont demandé de revenir sur leurs témoignages écrits.

Les deux femmes concernées ont quitté El Carrizal depuis lors. Les 3 et 4 février, les mêmes personnes se sont rendues au domicile de ces femmes et ont indiqué à leurs proches que « quelque chose de grave pouvait se produire » (algo malo puede pasar) si celles-ci ne se rétractaient pas. Jusqu'à présent, les autorités de l'État n'ont pas pris de mesures suffisantes pour protéger ces femmes.

En 2012, des mandats d'arrêts avaient été décernés aux membres d'un groupe armé ayant apparemment des liens avec la municipalité et les autorités de l'État dans l'affaire de l'homicide de Bety Cariño et Jyri Jaakkola, commis en 2010 près de la ville indigène de San Juan Copala, dans l'État d'Oaxaca. Onze des accusés étaient toujours en fuite car les autorités étatiques et fédérales n'avaient jamais procédé à leur arrestation de peur, semble-t-il, que le groupe organise des représailles.

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Le 27 avril 2010, des membres d’un groupe armé qui entretiendrait des liens avec la municipalité et l'État ont tué par balle Bety Cariño Trujillo, défenseure mexicaine des droits humains, et Jyri Antero Jaakkola, observateur finlandais des droits humains, dans l’État d’Oaxaca (sud du Mexique). Ces deux militants faisaient partie d’un convoi humanitaire qui tentait de se rendre dans la communauté indigène triqui de San Juan Copala, isolée, qui avait été assiégée par le groupe armé pendant plusieurs mois. Ils avaient l’intention d’apporter de la nourriture et des médicaments, et de recueillir des informations sur la situation des droits humains. Les quelque 25 autres personnes qui constituaient le convoi ont toutes survécu mais certaines ont été blessées par balle, détenues et interrogées par les assaillants pendant environ une heure avant d'être relâchées. Plusieurs ont fui à pied, d'autres ont été contraintes de se cacher en attendant d'être secourues. Entre novembre 2009 et septembre 2010, San Juan Copala a été assiégé par des hommes armés appartenant à une organisation indigène locale, l'Union pour le bien-être social de la région triqui (UBISORT), qui était alliée au parti au pouvoir dans l'État à l'époque, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI). Plusieurs habitants de la région ont été tués ou blessés pendant cette période mais les groupes armés ont continué à agir en toute impunité. L'État n'a pris aucune mesure pour prévenir et sanctionner les violences, laissant la population de San Juan Copala à la merci des attaques et la privant ainsi d'accès aux services de base pendant plusieurs mois. Bety Cariño était responsable de l'organisation non gouvernementale CACTUS (Centre d'appui communautaire aux travailleurs unis) dans la ville de Huajuapan de León (État d'Oaxaca). Elle animait des ateliers destinés à promouvoir les droits des femmes dans les communautés indigènes locales et avait aidé de nombreuses femmes à créer des stations de radio communautaires. Elle faisait aussi campagne en faveur de la vérité et de la justice pour Felícitas Martínez et Teresa Bautista, deux animatrices d'une radio communautaire qui avaient été tuées à San Juan Copala en 2008. Jyri Jaakkola était membre de l'organisation finlandaise Uusi Tuuli (Vent nouveau). Il faisait campagne sur le changement climatique, le commerce équitable et la sécurité alimentaire en Finlande et à l'étranger. Il menait des recherches sur l'agriculture durable et les coutumes indigènes dans l'État d'Oaxaca. Il tenait un blog sur lequel il faisait état de ses constatations et de son expérience sur le terrain. En septembre 2012, un juge de la région a décerné des mandats d’arrêt à 14 personnes soupçonnées d’être impliquées dans l'homicide de Bety Cariño et de Jyri Jaakkola. Deux des suspects ont été arrêtés et un est décédé. Onze sont donc toujours en fuite. Les autorités fédérales et étatiques ont promis à maintes reprises de prendre des mesures efficaces afin de protéger les témoins et les victimes mais la mise en œuvre de ces mesures demeure pour l'instant limitée et insuffisante. Depuis de nombreuses années, des groupes armés agissent en toute impunité dans la région de l'État d'Oaxaca où vit la population indigène triqui. Ils tirent parti des divisions entre les communautés et cherchent à obtenir le contrôle politique de la zone. La région triqui est l'une des plus pauvres du Mexique, d'où les migrations de grande ampleur de nombreuses catégories de la population et les conflits politiques locaux. Les autorités qui se sont succédé à la tête de l'État ne se sont jamais attaquées aux privations que subit une grande partie de la population, et des organisations locales de défense des droits humains ont accusé les responsables au pouvoir entre 2004 et 2010 d'avoir exploité les divisions entre les communautés et permis à des groupes armés d'agir en toute impunité. Des représentants de l'État et de la municipalité auraient financé, toléré voire encouragé certains de ces groupes. L'état de droit est loin d'être respecté dans la région et pratiquement personne n'a été traduit en justice pour les crimes commis, ce qui expose une grande partie de la population aux attaques et la laisse à la merci de groupes armés. Les responsables actuels de l'État, qui sont entrés en fonction en décembre 2010, ont promis de traiter les problèmes concernant la région triqui mais on constate peu de changement.

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