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Startseite Urgent Actions 2014 05 Egyptian-American on hunger strike US-Egyptian hunger striker jailed for life
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Égypte
Abgeschlossen am 25. Mai 2015

Un gréviste de la faim condamné

AI-Index: MDE 12/1441/2015

Le 11 avril dernier, Mohamed Soltan, citoyen américain et égyptien, a été condamné par un tribunal égyptien à 25 ans de prison, de même que 36 autres personnes, pour avoir géré l’organisation d’une manifestation. Le même tribunal a condamné 14 autres accusés à mort.

Le 11 avril 2015, Mohamed Soltan, qui possède la double nationalité américaine et égyptienne, et 36 autres personnes ont été sanctionnées de 25 ans de prison par le tribunal pénal de Gizeh, qui a également condamné à mort 14 autres hommes, dont le père de Mohamed Soltan et Mohamed Badie, chef des Frères musulmans. Le ministère public accuse ces personnes d’avoir géré l’organisation d’un sit-in en août 2013 sur la place Rabaa al Adawiya, au Caire, par des partisans du président égyptien déchu.

Le juge semble ne pas avoir énoncé les charges retenues contre les prévenus. Le ministère public accuse Mohamed Soltan d’avoir financé le sit-in et diffusé de «fausses informations» dans le but de nuire à la sécurité nationale.

L’état de santé de Mohamed Soltan s’est beaucoup détérioré en raison de la grève de la faim que cet homme mène depuis 14 mois. Celui-ci est maintenu en détention à l'isolement à la prison de Tora.

Le tribunal a jugé et sanctionné plusieurs des prévenus en leur absence. Parmi les accusés figurent plusieurs journalistes travaillant pour des journaux liés aux Frères musulmans, ainsi que trois membres du Syndicat des journalistes égyptien, comme l’a annoncé son dirigeant aux médias nationaux le 11 avril dernier.

Tous les condamnés dans cette affaire peuvent maintenant déposer un recours auprès de la cour de cassation, la plus haute juridiction égyptienne.

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Mohamed Soltan, de nationalité égyptienne et américaine, a entamé sa grève de la faim le 26 janvier 2014. Il n'ingère aucune nourriture, seulement de l'eau sucrée. Il a été brièvement hospitalisé à plusieurs reprises avant d’être renvoyé en prison à chaque fois. Les médecins de la prison surveillent son taux de sucre dans le sang et lui ont posé une perfusion, mais il ne reçoit aucun traitement, notamment contre un risque de thrombose.
Avant son arrestation, Mohamed Soltan travaillait pour un comité de médias qui faisait état des violations commises par les forces de sécurité contre les sympathisants du président déchu Mohamed Morsi. Le 14 août 2013, lors des violences qui ont éclaté quand la police a dispersé le sit-in pro-Morsi sur la place Rabaa al Adawiya, au Caire, cet homme a été blessé par balle au bras gauche. Cet événement, qui a coûté la vie à des centaines de personnes, a été suivi d'une vaste campagne de répression à l’encontre des partisans de Mohamed Morsi et des membres du mouvement des Frères musulmans, auquel l’ancien président était associé.
Les forces de sécurité ont effectué une descente au domicile de Mohamed Soltan au Caire le 25 août 2013 pour arrêter son père, personnalité emblématique des Frères musulmans. Ce dernier n’étant pas là, elles ont arrêté son fils ainsi que trois amis qui lui rendaient visite après son opération. Mohamed Soltan a été transféré plusieurs fois entre la prison de Wadi al Natrun et les postes de police de Basateen ou Mansheyat Nasr, où il a passé 15 jours dans de petites cellules surpeuplées.
Le 27 août 2013, cet homme a été conduit à la prison de Wadi al Natrun, à 120 km du Caire. À son arrivée, il a dû rester dans le fourgon de police pendant environ quatre heures, en compagnie d'autres prisonniers. Il aurait été contraint de marcher jusqu'à la prison entre deux rangées de policiers, qui les ont frappés, lui et ses codétenus, tandis qu'ils gagnaient la porte de l'établissement. Selon lui, les coups portés ont été très violents. Les prisonniers ont été emmenés dans une salle où on leur a dit de se déshabiller et de rester en sous-vêtements. Les menottes aux poignets, ils ont reçu l'ordre de se tourner vers le mur, sans pouvoir tourner la tête au risque de se faire frapper. Mohamed Soltan est resté trois jours dans cette prison avant d'être ramené au poste de police de Basateen, où il a passé trois semaines, pendant lesquelles il a été interrogé par l'Agence nationale de sécurité et les procureurs chargés de la sûreté de l'État dans le cadre de leur enquête.
Cet homme a ensuite été conduit au bâtiment Istiqbal de la prison de Tora, où il est resté jusqu’à ce que les autorités le transfèrent vers la prison de sécurité maximale d’Al Aqrab, visiblement pour le punir pour sa grève de la faim. Il a dû subir une intervention chirurgicale réalisée par un de ses codétenus, sans anesthésie ni stérilisation, pour se faire enlever les broches qu'il avait dans le bras, car les autorités de la prison ont refusé de le faire hospitaliser. Il est actuellement maintenu en détention à l'isolement dans le bâtiment Liman de la prison de Tora.
En vertu d’une loi adoptée en novembre 2014 (Loi 140 de 2014), le président égyptien peut décider de faire rapatrier des prisonniers étrangers.

Nom : Mohamed Soltan

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