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Amnesty Urgent Actions
Startseite Urgent Actions 2011 08 Risk of thirty years in jail for Facebook posts
UA 262/11
Mexique
Abgeschlossen am 22. September 2011

Des publications sur Facebook passibles de trente ans de prison

AI-Index: AMR 41/052/2011

Deux Mexicains ont été placés en détention et inculpés de terrorisme et sabotage après avoir été accusés de publier des messages sur Twitter et Facebook. Ils sont actuellement jugés et n’ont pas le droit à un procès équitable. S’ils sont reconnus coupables, ils risquent une peine de trente ans d’emprisonnement.

Le 26 août, María de Jesús Bravo Pagola (aussi appelée Maruchi), une journaliste locale, et Gilberto Martínez Vera, enseignant, ont été interpellés à leurs domiciles respectifs par la police judiciaire dans la ville de Veracruz, sur la côte est du Mexique. Selon les autorités de l’État, ces deux personnes ont été retrouvées et arrêtées après qu’une rumeur concernant des bandes criminelles attaquant des écoles locales a circulé sur des réseaux sociaux le 25 août. Des dizaines de parents ont alors retiré leurs enfants de l’école et plusieurs établissements scolaires ont fermé temporairement. Le gouvernement mexicain a imputé la panique à la circulation rapide de fausses informations et accusé María de Jesús Bravo et Gilberto Martínez Vera d’avoir publié cette histoire sur Twitter et Facebook ; ceux-ci ont été placés en détention et inculpés de terrorisme et sabotage aux termes du Code pénal de l’État de Veracruz.

Ils ont été transférés vers Xalapa, la capitale de l’État, où ils ont été détenus au secret pendant plus de 60 heures. Pendant l’interrogatoire, on a fortement fait pression sur eux pour qu’ils admettent devant le procureur avoir fait circuler de fausses informations, mais ils n’ont pas été autorisés à contacter leurs avocats. Dans les déclarations qu’ils ont par la suite faites devant le juge, ils ont dénoncé les mauvais traitements et la coercition dont ils ont été victimes, et affirmé être totalement innocents. Il n’existe apparemment aucun élément indiquant que María de Jesús Bravo et Gilberto Martínez Vera étaient impliqués dans des actes équivalant à du terrorisme ou du sabotage, ou complices de tels actes ; néanmoins, le 31 août, le juge a conclu qu’il y avait assez de preuves pour qu’un procès ait lieu et les a renvoyés en détention.

Les violences ont augmenté au cours des derniers mois à Veracruz tandis que différents trafiquants de drogue se battent pour avoir le contrôle de la ville. Cette insécurité engendre un contexte de méfiance dans lequel des rumeurs circulent sur les réseaux sociaux, les gens essayant de se protéger, car aucune information fiable n’est disponible. Bien qu’il soit possible que les renseignements publiés sur Twitter et Facebook n’aient pas été vrais, Amnesty International craint que le placement en détention de María de Jesús Bravo et de Gilberto Martínez Vera et les poursuites engagées contre eux pour terrorisme et sabotage soient injustifiés et bafouent leurs droits à un procès équitable et à la liberté d’expression. L’organisation pense qu’il est de la responsabilité des autorités de diffuser des informations correctes et fiables sur les mesures qu’elles prennent pour protéger la population.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Depuis 2007, la violence liée au crime organisé s’est intensifiée au Mexique. On dénombre plus de 40 000 homicides. Le gouvernement du président Calderón a envoyé plusieurs milliers de policiers fédéraux et 50 000 militaires dans les zones les plus touchées afin de lutter contre les cartels de la drogue. Des membres de la police et des forces de sécurité, ainsi que les autorités locales, sont fréquemment soupçonnés de corruption et de complicité avec des bandes criminelles, ce qui engendre un climat d’impunité et d’insécurité pour la population des quartiers concernés. Veracruz est témoin d’agressions de plus en plus nombreuses tandis que les différents cartels de la drogue se battent pour avoir le contrôle. À travers le Mexique, la violence provoque la mort de dizaines de citoyens qui n’ont rien à voir avec cette situation ; des passants sont tués sans discrimination. Les bandes criminelles visent de plus en plus les journalistes, ce qui a pour effet de restreindre la couverture médiatique d’événements criminels ou liés à la sécurité ; de plus, de nombreuses autorités manquent de fournir des informations fiables et opportunes sur les menaces relatives à la sécurité. Tout cela encourage une utilisation généralisée des réseaux sociaux pour alerter les gens d’attaques présumées et de dangers dans leur voisinage.

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