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Startseite Urgent Actions 2010 11 Russian tortured
UA 238/10
Tadjikistan
Abgeschlossen am 25. November 2010

Un ressortissant russe torturé

AI-Index: EUR 60/002/2010

Le ressortissant russe Ilkhom Ismanov aurait été torturé par la police dans la région de Soghd (nord du Tadjikistan) et risque de l’être encore. Son avocate n’a pas pu le rencontrer.

Selon l’ONG Centre pour les droits de l’homme de la région de Soghd, Ilkhom Ismanov aurait disparu le 3 novembre. Sa famille ignorait où il se trouvait. Le 4 novembre, deux hommes se sont présentés au domicile de sa famille et ont dressé une liste de ses biens sans présenter le moindre document officiel. Les deux hommes ont annoncé à sa femme qu’Ilkhom Ismanov était détenu dans les locaux du Service de lutte contre le crime organisé (6ème division) du ministère de l’Intérieur à Khoudjand, dans la région de Soghd.

La femme d’Ilkhom Ismanov a engagé une avocate le 4 décembre mais malgré plusieurs tentatives celle-ci n’a apparemment pu voir son client qu’au tribunal, le 12 novembre, lorsque le juge a autorisé le prolongement de sa détention. Le 5 novembre, un représentant du Centre pour les droits de l’homme de la région de Soghd a tenté de rendre visite au détenu mais lui non plus n’a pas été autorisé à le rencontrer.

Le 5 décembre, lorsque la femme et le frère d’Ilkhom Ismanov se sont rendus au centre de détention de Khoudjand pour lui apporter de la nourriture et des vêtements, un policier leur aurait demandé d’amener de la pommade pour les blessures et des antidouleurs. La plupart du temps, les proches de cet homme ne sont pas autorisés à lui rendre visite mais ils ont quand même pu le voir deux fois. Selon eux, il ne pouvait pas marcher, il avait des coupures sur le cou et des ecchymoses sur les mains. Il était complètement trempé et il y avait de l’eau par terre. Sa femme a indiqué que lorsqu’elle a voulu voir ses pieds, la police a interrompu la visite et les a escortés vers la sortie. Quand elle a demandé aux policiers ce qu’ils avaient fait à son mari, il semble qu’ils se soient moqués d’elle et aient répondu : « Vous devriez nous remercier de vous avoir laissée voir votre mari. Maintenant, allez-vous-en. Nous avons aussi besoin de nous reposer. »

Selon une source présente à l’audience le 12 novembre, Ilkhom Ismanov aurait déclaré au juge qu’il avait été torturé. Il aurait notamment reçu des décharges électriques et de l’eau bouillante lui aurait été versée sur tout le corps. Il semble que le juge ait décliné la proposition d’Ilkhom Ismanov, qui souhaitait lui montrer les marques de torture sur son corps. Le juge ne s’est pas penché sur les allégations de torture et a déclaré que l’avocate devait s’adresser à l’enquêteur de la police. Le 13 novembre, le juge a statué que les allégations selon lesquelles cet homme était en détention depuis le 3 novembre, et non depuis le 9 comme l’indiquait la police, devaient faire l’objet d’une enquête. Aux termes du Code de procédure pénale du Tadjikistan, les détenus doivent être présentés devant un juge au plus tard 72 heures après leur arrestation afin de déterminer si la détention doit être prolongée. La cour a annoncé qu’Ilkhom Ismanov était inculpé d’« organisation d’un groupe criminel » (article 187 du Code pénal du Tadjikistan).

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Ilkhom Ismanov aurait été transféré au centre de détention provisoire du ministère de l’Intérieur, à Tchkalovsk, le 11 novembre.
Les proches d’Ilkhom Ismanov et son avocate ont fait parvenir plusieurs plaintes aux autorités, notamment au Service régional de lutte contre le crime organisé et au Bureau du procureur de Soghd. Le 11 novembre, ils ont envoyé au parquet régional un télégramme demandant instamment qu’Ilkhom Ismanov bénéficie d’un examen médical. Ils n’ont reçu aucune réponse.
Entouré par la Chine à l’Est, l’Afghanistan au Sud, l’Ouzbékistan et le Kirghizistan au Nord, le Tadjikistan est un pays enclavé dont la population est estimée à 7,2 millions d’habitants. Le Tadjikistan est devenu indépendant de l’Union soviétique en 1991. Le déclin économique du pays après l’effondrement de l’URSS a été aggravé par une guerre civile dévastatrice, de 1992 à 1997. Le président Emomali Rakhmon est au pouvoir depuis 1994. Il est parvenu à consolider le pays après la guerre civile. Il se voit comme le garant indispensable de la stabilité et de la paix face à la possibilité de nouveaux troubles, notamment en raison du contexte économique instable du pays et de la situation politique fragile en Afghanistan.
Amnesty International a critiqué les violations des droits humains commises au Tadjikistan, telles que les actes de torture et les mauvais traitements infligés aux détenus et à d’autres personnes par les agents des forces de l’ordre, l’impunité dont jouissent les tortionnaires, le déni du droit à un procès équitable, les conditions carcérales inhumaines, les restrictions à la liberté d’expression et la violence contre les femmes. On pense que le recours à la torture et aux mauvais traitements est fréquent au Tadjikistan.

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