Benutzerspezifische Werkzeuge
Amnesty Urgent Actions
Startseite Urgent Actions 2010 11 Demolition of Bedouin village imminent Village destroyed for the eighth time
FI 236/10-2
Israël
Abgeschlossen am 2. Februar 2011

Un village détruit pour la huitième fois

AI-Index: MDE 15/030/2010

Le village bédouin d’Al Araqib – situé dans le Néguev (sud d’Israël) – a été démoli pour la huitième fois. Une cinquantaine de personnes, dont la moitié sont des enfants, sont concernées. Les habitants, citoyens israéliens, sont déterminés à reconstruire leurs habitations mais le temps se détériore.

Ce matin, des agents de l’Administration des territoires d’Israël et de la Patrouille verte (sous la responsabilité de la Direction de la nature et des parcs) sont arrivés au village, équipés d’au moins deux bulldozers et accompagnés de plusieurs dizaines de policiers circulant à bord d’une vingtaine de camionnettes. Les autorités ont rapidement détruit une trentaine de tentes de fortune que les habitants avaient récupérées après la dernière démolition, le 22 novembre. Les villageois et les membres du Forum pour la coexistence dans le Néguev qui les soutiennent ont réussi à préserver certaines des bâches en plastique utilisées pour couvrir les tentes ainsi que plusieurs des armatures métalliques. Les autorités ont également détruit l’habitation d’une famille qui s’était installée dans un verger, à environ 2 kilomètres du village principal. De plus, un réservoir d’eau et un camion servant à le transporter pour aller chercher l’eau aux points d’approvisionnement ont été confisqués.

Lors des démolitions répétées qui ont eu lieu dernièrement à Al Araqib, des enclos où les villageois parquaient leurs chèvres, leurs moutons et leurs poules ont aussi été détruits. Les animaux vivent maintenant près de l’ancien cimetière ou errent dans le village, sans abri. Certaines personnes qui avaient perdu leurs habitations lors de précédentes démolitions campent actuellement dans des tentes au cimetière, à l’extérieur du village.

C’est la huitième fois qu’Al Araqib, l’un des quelque 40 villages « non reconnus » d’Israël dont les habitants ne bénéficient pas de la sécurité d’occupation ni des services publics, est démoli depuis juillet. Ses habitants sont néanmoins déterminés à rester sur place et à rebâtir leurs lieux de vie. Une cinquantaine de personnes ont été directement touchées par la démolition d’aujourd’hui et sont en train de reconstruire avec l’aide de membres du Forum pour la coexistence dans le Néguev et d’autres groupes.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Al Araqib fait partie des quelque 40 villages palestiniens d’Israël non reconnus par les autorités israéliennes malgré le fait que leurs habitants soient des citoyens israéliens et qu’ils aient des droits sur leurs terres depuis longtemps. Les habitants de ces villages « non reconnus », situés pour la plupart dans le désert du Néguev, ne bénéficient pas de la sécurité d’occupation et n’ont pas accès à certains services, notamment à l’eau et à l’électricité.
Al Araqib a été démoli pour la première fois par les autorités le 27 juillet 2010 : les habitants ont été expulsés par une force constituée de plus de 1 000 policiers antiémeutes ; au moins 46 habitations et d’autres structures, notamment des enclos pour animaux et des réservoirs d’eau, ont été détruites. Des milliers d’oliviers et d’autres arbres ont été déracinés, privant ainsi les villageois de leurs moyens de subsistance, et les biens de ces derniers, notamment des générateurs, des réfrigérateurs et des véhicules, ont été confisqués par la police. Les 4 et 10 août, des abris de fortune que les villageois avaient construits ont été démolis et enfouis par des bulldozers, à l’appui desquels étaient venus de nombreux policiers en tenue antiémeutes, équipés d’un canon à eau. Des matériaux de construction et des réservoirs d’eau ont été saisis. Sept habitants ont été arrêtés puis remis en liberté, dont quatre sous la condition de ne pas retourner à Al Araqib. Le 17 août à l’aube, pendant le ramadan, les autorités ont recommencé les démolitions alors que les villageois jeûnaient. Le 12 septembre, à l’aube également, plusieurs dizaines de policiers sont revenus à Al Araqib avec des bulldozers et ont démoli des tentes et d’autres structures qui venaient d’être montées. La sixième démolition a eu lieu le 13 octobre, lorsque le village entier a été rasé et que le directeur du Forum pour la coexistence dans le Néguev a été arrêté par la police et interdit d’accès à Al Araqib pendant 10 jours. La septième démolition s’est déroulée le 22 novembre : une trentaine de constructions ont été démolies, et quelque 1 600 oliviers situés à environ deux kilomètres du village et appartenant à des membres de la famille d’habitants d’Al Araqib ont été déracinés par les autorités israéliennes.
Dans les observations finales qu’il a présentées en juillet 2010, le Comité des droits de l’homme des Nations unies a exprimé sa préoccupation face aux allégations d’expulsions forcées de la population bédouine sur la base de la Loi de 1981 relative aux terrains publics (Expulsion des envahisseurs), modifiée en 2005, et à ce qu’il décrivait comme une « prise en compte insuffisante » par les autorités israéliennes des besoins agricoles et autres besoins traditionnels de la population bédouine du Néguev et des difficultés que les Bédouins rencontrent pour accéder aux structures de santé, à l’éducation, à l’eau et à l’électricité en raison des politiques d’Israël. Il a appelé les autorités israéliennes à respecter le droit de la population bédouine à ses terres ancestrales et à ses moyens de subsistance traditionnels fondés sur l’agriculture, ainsi qu’à garantir l’accès de la population bédouine aux structures de santé, à l’éducation, à l’eau et à l’électricité, quel que soit le lieu où elle se trouve en Israël. Le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination raciale s’est également déclaré préoccupé par la réinstallation des habitants bédouins de villages « non reconnus » dans des villes par Israël et a demandé que leurs villages soient officiellement reconnus et qu’Israël accentue ses efforts pour consulter les villageois et tenter d’obtenir leur accord ou leur consentement préalablement à tout processus de réinstallation.
Bien qu’il semble qu’un plan gouvernemental ait été établi pour régulariser le statut de certains villages « non reconnus », les médias israéliens ont indiqué au début de l’année 2010 que le ministère de l’Intérieur, l’Administration des territoires d’Israël et la police avaient décidé de tripler le nombre de démolitions de constructions bédouines dans le Néguev, et la nette augmentation du nombre de démolitions et d’ordonnances de démolition cette année correspond à ces informations.
Outre les démolitions pratiquées à Al Araqib et dans d’autres localités palestiniennes d’Israël, les autorités israéliennes ont récemment intensifié la destruction d’habitations palestiniennes en Cisjordanie, notamment à Jérusalem-Est. Le 21 décembre, par exemple, la maison d’une famille de six personnes, dont trois enfants, a été rasée à Sur Baher (Jérusalem-Est). Le même jour, le domicile d’une famille palestinienne de cinq personnes, dont trois enfants, a également été détruite dans le village de Numan (Jérusalem-Est). Le 19 décembre, quatre tentes abritant 24 personnes, dont 16 enfants, et quatre enclos pour animaux ont été démolis à Al Haswa, près de Bethléem.

11 Briefe verschickt  
My Urgent Actions
Fürs Mitzählen lassen Ihres Briefes und Update-Funktion zu nutzen müssen Sie sich
einloggen oder
anmelden
Downloads
UA 236/10-2 english
Microsoft Word Document, 62.0 kB
UA 236/10-2 français
Microsoft Word Document, 62.5 kB
UA 236/10-2 deutsch
Microsoft Word Document, 66.0 kB
Aktionsabfolge