Benutzerspezifische Werkzeuge
Amnesty Urgent Actions
Startseite Urgent Actions 2010 09 Sudanese refugee faces forcible return
UA 211/10
Liban
Abgeschlossen am 4. November 2010

Un réfugié soudanais risque d’être renvoyé de force

AI-Index: MDE 18/006/2010

Muhammad Babikir Abd al Aziz Muhammad Adam, un réfugié soudanais, risque d’être renvoyé de force par le Liban, où il est détenu, au Soudan, où il risque d’être arrêté arbitrairement, torturé et soumis à d’autres formes de mauvais traitements.

Muhammad Babikir Adam est actuellement détenu par la Direction générale de la sécurité générale dans le quartier d’Adliyeh, à Beyrouth, la capitale libanaise. Malgré son statut de réfugié, les autorités ont tenté de l’expulser la semaine dernière mais il a refusé de quitter le pays et aurait été battu. Selon des sources libanaises, des agents de la Direction générale de la sécurité générale l’ont ensuite forcé à signer de ses empreintes digitales un document qu’il ne pouvait pas lire puisqu’il est analphabète. Aucun avocat n’était présent. Amnesty International ne dispose d’aucune information sur le contenu de ce document, mais craint qu’il n’ait pour objectif de permettre le renvoi forcé de cet homme au Soudan tout en faisant croire qu’il a accepté son expulsion.

Muhammad Babikir Adam est détenu au Liban depuis le 29 janvier. Le 11 mars, il a été condamné à un mois d’emprisonnement pour violation d’un ordre d’expulsion. Il est toujours détenu, bien que sa peine soit arrivée à échéance. Il semble que la Direction générale de la sécurité générale est en train de préparer son expulsion et celle de 48 autres ressortissants soudanais vers leur pays d’origine. Amnesty International craint que sa déclaration de culpabilité, sa peine et son incarcération ne soient illégales et contraires au droit international relatif aux droits humains et aux engagements pris en la matière concernant les réfugiés.

Muhammad Babikir Adam appartient au groupe ethnique four, originaire du Darfour, une région de l’ouest du Soudan qui a été ces dernières années le théâtre de violations à grande échelle du droit humanitaire et relatif aux droits humains, notamment de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Au regard de ses obligations internationales, le Liban est tenu de ne pas renvoyer quiconque, quelles que soient les circonstances, dans un pays où cette personne risquerait la torture.

INFORMATIONS GÉNÉRALES


Un conflit opposant plusieurs groupes armés d’opposition aux forces gouvernementales et à leurs milices alliées a éclaté en 2003 au Darfour, dans l’ouest du Soudan. Selon les estimations des Nations unies, quelque 300 000 personnes ont été tuées et plus de 2,7 millions d’autres ont été déplacées jusqu’à présent. Ce conflit est marqué par des violations de grande ampleur du droit international humanitaire et relatif aux droits humains, notamment des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Le Service national de la sûreté et du renseignement dispose de pouvoirs étendus en matière d’arrestation et de détention. Le droit soudanais l’autorise à détenir des personnes pendant quatre mois et demi sans le contrôle d’une autorité judiciaire. Ses agents sont responsables de nombreuses violations des droits humains touchant des personnes originaires du Darfour, en particulier des personnes déplacées et des membres de groupes ethniques darfouriens, comme les Fours, les Zaghawas et les Masalits.

Amnesty International a recueilli des informations sur des cas de détention prolongée sans procès concernant des Darfouriens vivant aussi bien à Khartoum qu’au Darfour. Des détenus ont été soumis à des actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements, des procès iniques, des disparitions forcées. Certains sont même morts en détention. En mai 2008, le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE), un groupe armé d’opposition basé au Darfour, a lancé une attaque sur Khartoum, la capitale. Bien qu’il ait été stoppé en quelques heures par les forces armées soudanaises, le Service national de la sûreté et du renseignement a ensuite procédé à l’arrestation de Darfouriens vivant à Khartoum et dans le reste du pays. Plus d’un millier de personnes, principalement des civils originaires du Darfour, ont été arrêtées rien qu’à Khartoum dans les semaines qui ont suivi l’attaque. Le Service national de la sûreté et du renseignement a infligé des actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements aux personnes arrêtées à la suite de l’attaque. Depuis janvier 2010, la situation humanitaire et des droits humains s’est gravement détériorée au Darfour : de nouveaux affrontements et déplacements ont eu lieu dans tout le Darfour.

13 Briefe verschickt  
My Urgent Actions
Fürs Mitzählen lassen Ihres Briefes und Update-Funktion zu nutzen müssen Sie sich
einloggen oder
anmelden
Downloads
UA 211 - english
Microsoft Word Document, 59.0 kB
UA 211/10 Deutsch
Microsoft Word Document, 63.0 kB
UA 211/10 français
Microsoft Word Document, 60.0 kB
Mehr zum Thema

Folter

Warum ist Folter immer falsch und nutzlos? Wie engagiert sich Amnesty für die Wahrung des absoluten Folterverbots? Mehr