Benutzerspezifische Werkzeuge
Amnesty Urgent Actions
Startseite Urgent Actions 2010 09 Indigenous leaders receive death treats
UA 200/10
Paraguay
Abgeschlossen am 22. Oktober 2010

Des dirigeants indigènes victimes de menace de mort

AI-Index: AMR 45/005/2010

Le 5 septembre, deux dirigeants de la communauté indigène kelyenmagategma, au Paraguay, ont reçu des menaces de mort alors qu’ils accompagnaient une délégation internationale qui examinait leur demande relative à des terres ancestrales.

Les deux représentants de la Commission interaméricaine des droits de l’homme se rendaient dans un lieu appelé Puerto Colon, dans le département Presidente Hayes, pour examiner la situation de la communauté indigène kelyenmagategma. La délégation comprenait également trois membres de l’ONG Tierraviva, qui défend juridiquement les revendications foncières de la communauté, et des représentants paraguayens de l’Organisation des États américains. Deux dirigeants de la communauté kelyenmagategma accompagnaient la délégation.

La communauté kelyenmagategma est installée sur des terres qui font selon elle partie de ses territoires ancestraux et qui se situent sur le domaine appartenant à l’entreprise El Algarrobal SA. La délégation n’a pas pu avoir accès à la communauté car des employés de cette entreprise leur ont barré la route. Les deux représentants internationaux, qui avaient pourtant été invités par le gouvernement à venir au Paraguay, ont été retenus pendant près de quatre heures. C’est quand ils ont demandé aux employés de laisser passer la délégation que les deux dirigeants de la communauté ont reçu des menaces de mort. La délégation a finalement pu parvenir jusqu’à la communauté en traversant une autre propriété.

Les Kelyenmagategmas appartiennent au groupe indigène des Enxets. La communauté vit à l’étroit sur un très petit territoire de moins de trois hectares, et elle ne peut pas librement circuler hors de ce territoire en raison du harcèlement exercé par des gens qui disent travailler pour El Algarrobal. Elle est contrainte de vivre dans des conditions misérables, avec un accès limité à l’eau, à la nourriture, aux soins de santé et à l’éducation. Elle mène campagne depuis 2000 pour son droit à la terre. La communauté réclame une partie de ce qu’elle considère comme ses territoires ancestraux, notamment les terres sur lesquelles elle vit. Ce droit est reconnu par le droit paraguayen et par le droit international relatif aux droits humains. La communauté est victime depuis des années de menaces, d’expulsions illégales, de violences et de coercition. Elle a porté plainte auprès des autorités mais affirme qu’aucune enquête efficace n’a été menée.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

En octobre 2000, au Paraguay, la communauté kelyenmagategma a entamé une procédure judiciaire pour obtenir la restitution d’une partie de ses terres ancestrales. La communauté affirme que son habitat traditionnel comprend les terres où elle vit ainsi que celles où elle mène ses activités traditionnelles telles que la chasse et la pêche, qui sont essentielles pour son mode de vie. Ces terres font partie du territoire acquis par El Algarrobal en 2002. Comme les autorités paraguayennes ne se sont pas préoccupées de ses revendications, la communauté a porté l’affaire devant la Commission interaméricaine des droits de l’homme avec l’aide de l’ONG Tierraviva. La communauté affirme que ses droits à la vie, à une protection juridique, à un traitement respectueux de la dignité humaine, à la propriété et au respect de la vie privée ont été violés. En 2007 la Commission a décidé que sa requête était recevable.
En 2003 et 2004 la communauté a dû faire face à deux expulsions illégales. Dans le premier cas, la communauté a dit que la police, des civils armés et deux représentants du ministère public les avaient expulsés de chez eux sans décision de justice ordonnant cette expulsion. Un an après, les membres de la communauté ont apparemment été attaqués par des employés de l’entreprise, ce qui a contraint certains d’entre eux à aller se réfugier dans les montagnes.
En octobre 2004, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a ordonné l’adoption de mesures conservatoires pour assurer la sécurité de la communauté. Par ailleurs, la Commission a aussi ordonné aux autorités paraguayennes de protéger la vie et l’intégrité physique des membres de la communauté, et de veiller à ce que la communauté puisse continuer de vivre sur ses terres ancestrales sans avoir à subir aucune menace ou mesure de coercition jusqu’à ce que les organes du système interaméricain aient pris une décision finale sur cette question. Malgré ces mesures conservatoires la communauté a continué d’être victime de menaces et d’actes de violence. Elle a déposé plusieurs plaintes mais a indiqué qu’aucune mesure efficace n’avait été prise par les autorités pour garantir sa sécurité et sa survie, et qu’elle avait continué de recevoir des menaces en 2005 et 2006. En 2009 des membres de la communauté ont porté plainte au pénal après avoir été victimes de nouvelles menaces et mesures de coercition de la part de civils armés travaillant apparemment pour l’entreprise.
Les Kelyenmagategmas sont extrêmement vulnérables parce qu’ils n’ont pas accès à leurs terres traditionnelles, et d’autres communautés indigènes sont dans la même situation au Paraguay. En 2005 et 2006 la Cour interaméricaine des droits de l'homme a ordonné au Paraguay de rendre les terres traditionnelles réclamées par les communautés indigènes yakye axa et sawhoyamaxa. La date limite imposée au Paraguay par la Cour est dépassée depuis longtemps mais les communautés continuent de vivre le long de la route Pozo Colorado-Concepción car leurs terres traditionnelles sont toujours aux mains de propriétaires privés. Ces communautés vivent dans des conditions déplorables. Elles dépendent de la fourniture irrégulière et insuffisante d’eau et de nourriture assurée par l’État parce qu’elles ne peuvent pas accéder aux points d’eau et aux aliments dont ils disposeraient s’ils vivaient sur leurs terres.
Selon les instruments internationaux relatifs aux droits humains, le droit aux terres ancestrales est crucial pour les populations indigènes ; il constitue un élément essentiel de leur identité et leur permet d’assurer leur subsistance et de perpétuer leur mode de vie.

 

9 Briefe verschickt  
My Urgent Actions
Fürs Mitzählen lassen Ihres Briefes und Update-Funktion zu nutzen müssen Sie sich
einloggen oder
anmelden
Downloads
UA 200 - english
Microsoft Word Document, 61.0 kB
UA 200 - deutsch
Microsoft Word Document, 65.5 kB
UA 200 - français
Microsoft Word Document, 63.5 kB
UA 200 - espagnol
Microsoft Word Document, 191.5 kB