Benutzerspezifische Werkzeuge
Amnesty Urgent Actions
Startseite Urgent Actions 2010 08 Workers and activists at risk
UA 184/10
Bangladesh
Abgeschlossen am 4. Oktober 2010

Des ouvriers et des militants en danger

AI-Index: ASA 13/008/2010

Au cours des dernières semaines, la police a placé en détention au moins 21 militants en faveur des droits du travail et salariés travaillant dans la confection à la suite de violentes manifestations de rue à Dacca, la capitale du Bangladesh, et dans sa région. Ces personnes risquent d’être victimes de torture ou autres mauvais traitements. Certains ouvriers et militants sont entrés dans la clandestinité. D’autres ont déclaré que leurs proches ou eux-mêmes avaient reçu des menaces de mort de la part des forces de sécurité.

Au moins six ouvrières de l’industrie textile interpellées début août, dont une femme enceinte, ont été battues par les policiers au cours des interrogatoires. L’une d’elles serait gravement blessée mais n’aurait pas reçu de soins médicaux. Montu Ghose, un avocat qui agit en tant que conseiller auprès du Syndicat des ouvriers de la confection, a été arrêté à la fin du mois de juillet. Selon certaines informations en provenance du Bangladesh, il aurait subi des mauvais traitements lors de sa garde à vue, il aurait notamment été privé de sommeil pendant de longues périodes. Il a besoin de soins médicaux spécialisés après avoir été victime d’une crise cardiaque il y a plusieurs mois mais il semble ne pas recevoir de traitement.

Certains ouvriers et militants se sont réfugiés dans la clandestinité. D’autres ont déclaré à des journalistes que leurs proches ou eux-mêmes avaient reçu des appels téléphoniques de la part de membres des forces de sécurité qui menaçaient de les tuer.

La police a affirmé se préparer à engager des poursuites contre « plusieurs milliers » de personnes pour vandalisme, incendie volontaire et pillage au cours des manifestations de rue. Le nombre total de personnes interpellées à la suite des manifestations pourrait être bien supérieur aux 21 que la police dit maintenir en garde à vue.

 

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Au cours des derniers mois, les salariés du secteur de la confection réclamant plus de droits en matière de travail et une augmentation des salaires ont manifesté dans les rues de Dacca et sa région. Ces manifestations ont parfois été violentes. Les mouvements de protestation de milliers d’ouvriers qui ont eu lieu fin juin ont conduit à la fermeture temporaire de 700 usines de confection. Des dirigeants syndicalistes demandaient une augmentation du salaire minimum mensuel de 5 000 takas (environ 56 euros) afin de l’ajuster au coût de la vie.
Fin juillet, le gouvernement a annoncé qu’à partir de novembre 2010 le salaire minimum mensuel pour les ouvriers de l’industrie du prêt-à-porter passerait de 1 662,50 takas (environ 19 euros) à 3 000 takas (environ 34 euros). Les ouvriers ont déclaré cette augmentation insuffisante et sont de nouveau descendus dans les rues. L’industrie de la confection représente presque 80 % du revenu des exportations bangladaises et emploie jusqu’à 40 % de la main-d’œuvre du pays. Les dirigeants syndicalistes affirment que le gouvernement est déterminé à empêcher les manifestations sous prétexte de contenir tout débordement. Des violences ont éclaté au cours de ces mouvements de protestation : des ouvriers ont bloqué l’un des principaux axes routiers du pays, vandalisé des véhicules et des commerces et affronté la police. Des dizaines de manifestants et de policiers ont été blessés lors des manifestations et, selon certaines informations, la police pourrait avoir eu recours à une force excessive pour les contenir.
Amnesty International rappelle aux autorités que le Bangladesh est tenu, en sa qualité de partie à certains traités internationaux, de protéger le droit à la vie. Le droit international restreint strictement l’usage de la force par les agents des forces de l’ordre. Le devoir des États de respecter le droit à la vie et le droit à la protection contre tout acte de torture et autre mauvais traitement est au cœur de ces limitations. Ces deux droits sont établis par la législation internationale relative aux droits humains, y compris certains traités juridiquement contraignants pour le Bangladesh, et plus particulièrement le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). En vertu de la législation et des normes internationales, les policiers ne peuvent employer la force qu’en cas de stricte nécessité et seulement dans la mesure requise pour accomplir leur devoir. Autant que possible, ils doivent user de moyens non-violents avant de recourir à la force. Si le recours à la force ne peut être évité, les policiers doivent faire preuve de modération et leur action doit être proportionnelle à la gravité de l’infraction et à l’objectif légitime à atteindre.
Amnesty International n’excuse pas les violences qui se sont produites au cours des manifestations mais elle exhorte le gouvernement à veiller à ce que personne ne soit torturé ou maltraité en garde à vue, ni maintenu en détention sans être inculpé d’une infraction reconnue par la loi.

11 Briefe verschickt  
Downloads
UA - english version
Microsoft Word Document, 60.0 kB
UA - version française
Microsoft Word Document, 61.0 kB
UA - deutsche Version
Microsoft Word Document, 61.5 kB
Aktionsabfolge
Mehr zum Thema

Folter

Warum ist Folter immer falsch und nutzlos? Wie engagiert sich Amnesty für die Wahrung des absoluten Folterverbots? Mehr