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Accueil Urgent Actions 2013 01 Independent journalist detained in Cuba Prisoner of conscience on hunger strike
FI 025/13-1
Cuba
Terminée le 11 avril 2013

Un prisonnier d’opinion en grève de la faim

AI-Index: AMR 25/002/2013

Calixto Ramón Martínez Arias, journaliste indépendant et prisonnier d’opinion, observe une grève de la faim pour protester contre sa détention à Cuba. C’est pourquoi il a été placé à l’isolement dans une cellule disciplinaire.

Le 6 mars, le journaliste Calixto Ramón Martínez Arias a entamé une grève de la faim pour protester contre sa détention à la prison de Combinado del Este, dans la banlieue de La Havane (Cuba). La direction de la prison l’a ensuite transféré dans une cellule disciplinaire. Selon ses proches, il est désormais détenu dans un réduit dépourvu de lumière, de toilettes et de literie, et il n’est pas autorisé à quitter son cachot pour s’aérer. Les autorités cubaines ont l’habitude d’utiliser des mesures punitives de ce type contre les prisonniers en grève de la faim.

Calixto Ramón Martínez Arias travaille pour l’agence de presse non officielle Hablemos Press. Le 16 septembre 2012, Calixto Ramón Martínez Arias a été arrêté par la police révolutionnaire de Cuba à l’aéroport international José Martí, à La Havane. À l’époque, il menait une enquête sur des informations indiquant que des médicaments envoyés par l’Organisation mondiale de la santé pour lutter contre une épidémie de choléra dans le pays, qui s’est déclarée mi-2012, étaient conservés à l’aéroport au lieu d’être distribués. Depuis lors, il a été placé dans différents centres de détention et se trouve à la prison de Combinado del Este depuis novembre 2012.

Calixto Ramón Martínez Arias n’a pas encore été inculpé par le parquet et, selon sa famille, il serait accusé d’« irrespect ». Amnesty International pense que la détention de Calixto Ramón Martínez Arias est motivée par des raisons politiques et liée au fait que cet homme a exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression.

COMPLÉMENT D’INFORMATION

À Cuba, les restrictions qui pèsent sur les médias sont draconiennes et généralisées, empêchant ainsi clairement la population d’exercer son droit à la liberté d’opinion et d’expression, ainsi qu’à la liberté de rechercher, de recevoir et de transmettre des informations et idées via n’importe quel média et par-delà les frontières. L’État a le monopole de la télévision, de la radio, de la presse, des fournisseurs d’accès à Internet et des autres moyens de communication électroniques.
L’article 53 de la Constitution cubaine reconnaît la liberté de la presse mais interdit explicitement que les médias soient gérés par des sociétés privées : « La liberté de parole et de la presse conforme aux objectifs de la société socialiste est reconnue aux citoyens. Les conditions matérielles de l’exercice de cette liberté sont assurées par le fait que la presse, la radio, la télévision, le cinéma et autres médias appartiennent à l’État ou à la société, et ne relèvent en aucun cas de la propriété privée, ce qui garantit leur utilisation au service exclusif du peuple travailleur et dans l’intérêt de la société. La loi réglemente l’exercice de ces libertés. » Bien qu’il n’existe aucune loi de censure régissant explicitement le fonctionnement de la presse ou son contenu, les journalistes doivent adhérer à l’Union des journalistes cubains (UPEC) afin d’exercer leur métier dans des médias appartenant à l’État. L’UPEC est autonome mais, dans ses statuts, elle reconnaît le Parti communiste cubain comme étant « la plus grande force de la société et de l'État » et consent à se conformer à l’article 53 de la Constitution (voir ci-dessus).
L’appartenance obligatoire à une association professionnelle pour pouvoir exercer le métier de journaliste constitue une restriction illégale de la liberté d’expression, ainsi qu’une violation du droit à la liberté d’association. L’article 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme dispose : « Nul ne peut être obligé de faire partie d’une association. » Dans le cas de l’UPEC, dont les membres sont employés par le gouvernement, l’adhésion obligatoire permet d’exercer un contrôle politique dans le domaine des moyens de communications. Seuls les journalistes exprimant des opinions conformes aux politiques officielles sont accrédités par l’UPEC, tandis que les journalistes indépendants se voient refuser l’adhésion.
L’agence de presse Hablemos Press, qui n’a pas de statut officiel, a été créée en février 2009 par des journalistes indépendants et des défenseurs des droits humains « dans le but de rassembler et de diffuser des informations dans le pays et pour le reste du monde », comme indiqué sur son site Internet. Les journalistes de cette agence sont régulièrement victimes de placements en détention de courte durée et de harcèlement en raison de leur travail. Avant d’être arrêté en septembre, Calixto Ramón Martínez Arias avait déjà été détenu sans inculpation à plusieurs reprises au cours de l’année 2012. Le 11 septembre dernier, des individus ont obligé Roberto de Jesús Guerra Pérez, qui dirige Hablemos Press, à monter dans une voiture, puis ils l’auraient frappé pendant qu’ils le conduisaient à un poste de police. Avant d’être remis en liberté, cet homme s’entendu vu dire qu’il était devenu le « journaliste dissident numéro un » et qu’il risquait de finir en prison s’il continuait ses activités.
Amnesty International estime qu’aucun prisonnier ne doit être maintenu pendant de longues périodes dans des conditions d’isolement et de stimulation sensorielle réduite, et que les conditions de détention doivent respecter l’Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus et les autres normes internationales relatives aux droits humains. L’organisation estime aussi que le placement à l’isolement doit être encadré par des obligations strictes, notamment une surveillance médicale régulière et adaptée.
À Cuba, les dissidents politiques et autres militants ont souvent recours à la grève de la faim pour dénoncer la situation de désespoir dans laquelle ils se trouvent lorsqu’ils sont victimes d’incarcérations iniques et prolongées. Pour plus d’informations, voir le document Cuba doit libérer un prisonnier d’opinion faisant une grève de la faim (http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/cuba-must-release-prisoner-conscience-hunger-strike-2011-03-11). En septembre 2012, Jorge Vázquez Chaviano a entamé une grève de la faim parce que les autorités cubaines ne l’avaient pas libéré à l’issue de sa peine de 18 mois d’emprisonnement. Ces dernières années, deux grévistes de la faim sont décédés en détention : Orlando Zapata Tamayo (voir Cuba : des réformes s’imposent après la mort d’un prisonnier d’opinion en grève de la faim, https://www.amnesty.org/fr/news-and-updates/death-cuban-prisoner-conscience-hunger-strike-must-herald-change-2010-02-24, février 2010) et Wilmar Villar Mendoza (voir Les autorités cubaines « responsables » de la mort d’un militant qui observait une grève de la faim (http://www.amnesty.org/fr/news/cuban-authorities-responsible-activists-death-hunger-strike-2012-01-20, janvier 2012), tous deux prisonniers d’opinion.

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