Amnesty Urgent Actions
Accueil Urgent Actions 2011 03 Risk of torture and extrajudicial execution
UA 073/11
Bangladesh
Terminée le 16 avril 2011

Risque de torture et d’exécution extrajudiciaire

AI-Index: ASA 13/002/2011

Manik, un jeune homme de 20 ans, risque d’être victime d’actes de torture et d’une exécution extrajudiciaire. Il a été arrêté le 8 mars 2011, apparemment par les forces de sécurité, alors qu’il était en train de montrer à ses proches l’endroit où son frère aîné avait été tué le 12 février 2011.

Le 7 février, Manik et son frère de 25 ans, Shahid, ont été emmenés en garde à vue par des hommes en civil dans un véhicule appartenant à une force de police spéciale, le Bataillon d’action rapide (RAB), à Ashulia, au nord de Dacca (centre du Bangladesh). Manik a été libéré le jour même, mais pas Shahid. Leur famille s’est rendue au poste de police pour demander où se trouvait ce dernier, mais la police a nié l’avoir jamais détenu.

Le 12 février vers 5 heures du matin, des habitants du quartier de Bhashantek, à Dacca, ont entendu des coups de feu. Ils ont vu des policiers et des agents du RAB traîner le corps de Shahid. La mère de ce dernier, employée de maison, s’est rendue sans attendre à l’hôpital universitaire de Dacca mais son fils avait déjà succombé à ses blessures par balle. La police a affirmé que Shahid était un criminel de premier plan et qu’il avait été tué dans une « fusillade » avec le RAB. Cependant, la famille rejette cette affirmation et déclare que Shahid était en garde à vue au moment où il a été abattu.

Le RAB a ordonné à la famille de ne pas évoquer les faits. Manik étant l’unique témoin de l’arrestation de son frère, il subit de fortes pressions de la part de la police. Sa seconde arrestation, le 8 mars, semble être un stratagème imaginé par le RAB pour contraindre la famille des deux jeunes hommes à se conformer à ses exigences. Manik a, semble-t-il, été battu par la police au moment de son arrestation, mais on ne dispose d’aucun détail à ce sujet.

Il est actuellement détenu à la prison centrale de Dacca mais il est probable qu’il soit transféré dans les locaux du RAB, où il risque de subir des actes de torture et d’être victime d’une exécution extrajudiciaire.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Le 7 février, lorsque les deux frères ont été arrêtés, Manik, qui est chauffeur de taxi, était en train d’emprunter 500 takas (environ 5 euros) à leur mère pour les donner à Shahid, qui en avait besoin. Lorsque Manik a retrouvé Shahid à Ashulia, au nord de Dacca, il s’apprêtait à lui remettre l’argent lorsque trois hommes en civil se sont approchés d’eux. Les deux frères ont tenté de prendre la fuite mais ils ont été interceptés. Les hommes les ont forcés à monter dans une voiture. Dans le véhicule, Manik a vu l’inscription « RAB-4 ».
Les hommes ont bandé les yeux des deux frères et leur ont ordonné de ne pas se parler. Au bout d’une dizaine d’heures, ils ont emmené Shahid en disant à Manik qu’ils allaient relâcher son frère. Ils ont ensuite conduit Manik dans un poste de police situé à proximité et ont demandé aux policiers d’engager une procédure pénale à son encontre. Finalement, ils ont changé d’avis : ils ont emmené Manik dans une zone abandonnée, lui ont dit de sortir de la voiture et de ne pas enlever son bandeau. Il est resté à cet endroit jusqu’à ce que des passants l’aident à rentrer chez lui.
En entendant le récit de Manik, sa famille s’est rendue au poste mais la police a nié détenir ou avoir détenu Shahid. On ignorait où se trouvait ce dernier jusqu’au 12 février, lorsque des habitants du quartier de Bhashantek, à Dacca, ont entendu des coups de feu vers 5 heures du matin. Ils ont vu des policiers et des agents du RAB traîner le corps de Shahid. La mère de ce dernier, employée de maison, s’est rendue sans attendre à l’hôpital mais son fils avait déjà succombé à ses blessures par balle.
Le RAB est une force de sécurité formée en 2004 et composée de membres de l’armée et de la police. Elle a pour mission spécifique de lutter contre la criminalité et le terrorisme. Depuis sa création, plus de 600 personnes ont été tuées dans le cadre de ses opérations. Dans la plupart des cas, les victimes trouvent la mort alors qu’elles sont aux mains du RAB, mais les autorités policières annoncent ensuite qu’elles ont été « prises entre deux feux » ou ont péri au cours de « fusillades » ou d’« échanges de tirs » avec la police.

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